« Avec un sens inouï de la formule, doublé d’un sens inné de la mélodie, le chanteur et conteur québécois Patrice Michaud a très vite séduit le public caudrésien, mardi soir au théâtre.
Une grande première pour ce jeune artiste très prometteur : première date de sa tournée européenne, première fois à Caudry et premier concert sans sous-titres !
Pour faire tomber l’hypothétique barrière linguistique liée à l’accent et aux expressions idiomatiques, rien de tel que l’abolition des distances. Et il eut tôt fait d’estomper les 6 341 kilomètres qui séparent Montréal de Caudry en se montrant très proche de son public, pour aussitôt l’embarquer dans un gros char sur la route vers les grands espaces, à la découverte de l’amour banquette ou d’une éolienne géante qui a, depuis longtemps, cessé de tourner !
Moitié chanté, moitié conté
Souvenirs d’enfance ou d’adolescence et premiers émois auront jalonné ce spectacle, moitié chanté, moitié conté. La voix chaude, légèrement éraillée, de Patrice Michaud s’est merveilleusement lovée autour des formidables ambiances musicales créées par son trio de musiciens. De la folk, de la pop et même quelques accents rock pour chanter la vie avec beaucoup de poésie et faire d’une anecdote un texte fort. Pour dénoncer aussi les catastrophes écologiques ou les excès d’un trop grand conservatisme.
Et tous se sont laissés porter par les rythmes de ce grand ado de 31 ans qui aura gesticulé autant avec ses membres qu’avec les mots.
C’est que Patrice Michaud vibre de tout son corps pour exprimer ses chansons et conter ses histoires. Des histoires aussi loufoques qu’extraordinaires, où l’on croise les filles d’un catalogue qui font figures de fantasmes, la célèbre Mme Avon et ses cosmétiques quasi miracles, une guitare électrique vraiment très branchée et des tas de souvenirs le long du fleuve Saint-Laurent. Et c’est avec énormément d’humour qu’il a retracé son besoin d’émancipation, de poteau téléphonique en poteau téléphonique jusqu’à la fameuse route 132, celle qui lui aura permis de découvrir dans un premier temps sa Gaspésie natale et ses petits villages, riches chacun d’une belle particularité, même Cap-aux-Renards qui a son Jésus super musclé !
Ces folles élucubrations, le public caudrésien s’en est délecté comme de cette langue aussi croustillante qu’imagée, du québécois « pur laine » que l’on aurait écouté pendant des heures voire des jours tellement elle est belle dans la bouche de cet artiste très attachant.
Un cousin qui a trouvé le public adorable, ce qui, selon ses dires, augure une bien belle tournée. C’est tout le mal qu’on lui souhaite… • J.-P. L. (CLP) »
Article publié dans La Voix du Nord.